Les Gladiateurs romains

 Gladiateurs romains

Les gladiateurs (du latin : gladiatores signifiant « combattant à l'épée », ou « épéiste ») étaient des combattants professionnels, esclaves ou non (esclaves affranchis pour leurs exploits ou engagés volontaires, en quête d'une vie meilleure grâce à des victoires bien rémunérées) qui se battaient entre eux ou contre des fauves, à l'origine pour honorer la mémoire d'un mort, puis de plus en plus pour le divertissement du public.


                                                



Lorsque le gladiateur tennait sa victime au bout de son arme, le public decidait de son sort en levant le pouce pour lui laisser la vie et en baissant le pouce pour le tuer.

Le recrutement : 

Les combattants pouvaient aussi bien être des professionnels aguerris que des novices, des esclaves ou des hommes libres sans distinction ethnique ou sexuelle (les combats de femmes extrêmement rares n'en étaient que plus recherchés). Ainsi Vitellius, le candidat malheureux à la succession de Néron, avait-il fini par céder Asiaticus, son esclave favori, à un laniste ambulant : sa pruderie l'exaspérait  . Hadrien interdit la vente d'esclaves aux écoles de gladiateurs et Marc Aurèle étendit cette mesure aux venatores. Quant aux hommes libres qui choisissaient la carrière de l'amphithéâtre, ils étaient plus nombreux. Les gladiateurs étaient engagés sous contrat pour une durée de trois à cinq ans après laquelle, s'ils arrivaient vainqueurs à l'issue de leur dernier combat, ils étaient dégagés des termes du contrat et avaient gagné assez d'argent pour s'assurer une vie d'un niveau supérieur et oublier ainsi la pauvreté.

 Les types de gladiateurs :

  

  • Le samnite était armé avec un bouclier longtemps rectangulaire (scutum), un casque à plumeau, une épée courte et probablement un cnémide sur sa jambe gauche. On dit souvent que les samnites était les plus chanceux car ils combattait avec de grands boucliers et bonnes épées. Ce type de gladiateur qui rappelait le soldat de cette tribus italique combattu par Rome au cours de trois guerres, disparaît au début de la période impériale.
  • Le gaulois était un type contemporain du samnite : sans autre protection qu'un casque et un bouclier de type celtique long et étroit, il était armé d'une longue épée avec laquelle il frappait de taille. Lui aussi s'effaça au début de l'Empire.
  • Le thrace combattait avec une arme caractéristique, la falx supina, une dague courbe tranchante des deux côtés de la lame. Celui-ci était protégé par un petit bouclier, souvent de forme carrée (parma) et par deux jambières (ocreae) qui montaient jusqu'aux cuisses. Il portait un casque à rebord (galea).
    Ce casque de l'époque républicaine laissait le visage sans protection, puis, sous l'Empire, il fut muni d'une visière. Dans la seconde moitié du Ier siècle, la bordure s'élargit et sa courbure s'accentua. Les œilletons disparurent pour faire place à une grille, qui ne couvrit d'abord que la moitié supérieure, puis la totalité de la visière. Aux IIe et IIIe siècle, le casque devint plus étroit. L'armement défensif des gladiateurs était conçu à partir d'un principe simple: protéger les parties du corps où une blessure, même légère, pouvait gravement handicaper le combattant. Il fallait en effet que le duel dure !
  • L'hoplomaque apparut à l'époque impériale, il combattait avec un petit bouclier rond ainsi qu'une lance.
  • Le provocator, comme son nom l'indique, est celui par lequel les gladiateurs entamaient leur cursus au ludus, c'est aussi ce type de gladiateur qui démarrait les après-midi de combats. Son bouclier est similaire à celui du légionnaire romain : c'est un scutum. Il semble que les provocators soient armés d'une dague courte. Le casque du provocator ne présente aucune crête comme le casque des légionnaires romains.
  • Le secutor est "celui qui poursuit", maniant le gladius, bouclier long, protègé par une jambière à la jambe gauche. Son casque remarquable, sans rebord, surmonté d'une crête sans arête, offrant donc moins de prise au filet que celui des autres gladiateurs. Le secutor était bien adapté à la lutte contre le rétiaire, son adversaire.
  • Le mirmillon, héritier direct du gaulois d'époque républicaine, était au début également opposé au rétiaire. Son adversaire privilégié n'était autre que le Thrace ou l'hoplomaque. Comme armement il possédait un grand scutum ainsi qu'une dague. Son casque à crête percussive lui servait aussi comme arme offensive, alors que ses larges bords lui protégeaient le cou.
  • Le contre-rétiaire (contra-retiarius, appelé aussi le Scissors), était exclusivement opposée au rétiaire. Une stèle trouvée à Tomis (Roumanie) a permis à Louis Robert de définir cette troisième armatura lourde. Le contre-rétiaire était pesamment équipé : casque, lourde cotte descendant jusqu'à mi-cuisse, ocreae (jambières), mais pas de bouclier. Son armement offensif consistait en une dague et une sorte de gaffe terminée par une lame en forme de croissant. Il la maniait de son bras gauche protégé par un manchon métallique au bout duquel était fixé l'arme.
  • Le rétiaire, gladiateur léger, frappa les imaginations par son équipement offensif caractéristique. Sa panoplie rappelle en effet celle du pêcheur : filet (reta), trident (fuscina) et poignard (pugio). Son armement défensif, en revanche, est réduit au minimum : pas de casque, mais des chevillères (fas­ciae) et un brassard (manica) qui protégeait le bras gauche, le plus exposé par le maniement du filet ou du trident. Le galerus, une large épaulière, couvrait la base du cou et donnait au rétiaire une silhouette particulière. Le maniement du filet exigeait une grande dextérité. Le combat dépendait alors de son adresse et de sa rapidité. Il se retournait pour contenir la poursuite et lançait sa contre-attaque en tenant le trident des deux mains: la droite au bas de la hampe et la gauche serrant aussi le poignard, près de la fourche. Cette position s'observe fréquemment sur les monuments figurés (mosaïques de Cos, Reims, Bignor).
  • Les sagittarii combattaient aussi à distance avec leurs arcs. Pour toute protection, ils n'avaient que la manica qu'ils portaient au bras droit.
  • Les equites combattaient à cheval, vêtus d'une tunique courte, protégés d'un casque à visière, d'un petit bouclier rond (parma), et armés d'une lance et d'une épée courte. Il arrivait en effet que le combat se poursuivît à pied!
  • L'essédaire apparut dans l'amphithéâtre sous les règnes de Claude et Néron, rappelant les soldats bretons grimpés sur des chars légers (essedarii) que les légions de César, puis celles de Claude avaient du combattre lors de la conquète de la Bretagne insulaire. Chaque char emportait deux hommes : le cocher, le plus honoré, qui tenait le rôle principal, et un guerrier, lanceur de javelots. Mais nous ignorons si, dans le cas de l'essédaire, l'équipage comptait un homme seul ou deux. Mais comme son ancêtre l'essedaraii, il était un fameux lanceur de javelots.

Cursus et combinaison de combat :

Statuette en terre cuite d'un gladiateur (Antiquarium de Milan)

Il existait plusieurs grades parmi les gladiateurs. Les primi pali appelés aussi les primus palus (« premiers pieux » ou « poteaux ») étaient des combattants chevronnés. Ce grade faisait référence au piquet de bois (« palus ») utilisé à l'entraînement. La distinction apparaît à Rome, à l'époque flavienne, sur l'épitaphe du secutor T. Flavius Incitatus, seize fois vainqueur. Cet échelon supérieur se retrouve fréquemment aux IIe et IIIe siècles, tant en Orient qu'en Occident, avec d'autres grades : on connaît aussi les secundi pali ou secundus palus et les pali ou palus, etc.

Le gladiateur débutant était un tiro. Sauf pour ces tirones - qui ne combattaient généralement qu'entre eux -, beaucoup de combinaisons étaient possibles entre les armaturae. C'est là qu'intervenait tout le savoir-faire du munéraire. La gladiature ne devait pas se limiter à une boucherie : elle était un art d'escrimeur. Le théoricien militaire Végèce se plaisait d'ailleurs à vanter l'habileté des gladiateurs aux soldats des légions afin de les stimuler davantage. Plusieurs principes guidaient le munéraire dans ses arrangements. Dresser des gladiateurs lourds entre eux favorisait le combat rapproché et la force physique. L'opposition entre combattants légers accordait la priorité à l'agilité et à la technique. Les combinaisons les plus savantes consistaient à mettre en présence armaturae lourdes et légères. Fondé sur l'attaque, l'esquive et la poursuite, ce type de combat était en vogue au Ier siècle. Ainsi, le rétiaire était opposé au mirmillon ou au secutor.

L'affrontement entre porteurs de petits boucliers — parmæ — (thraces, hoplomaques et provocatores) et boucliers longs — scuta — (samnite, mirmillons, secutores) captivait les foules. Le public se rangeait en parmularii et en scutarii et la fièvre gagnait les plus hautes sphères du pouvoir : Caligula et Titus étaient des partisans des petits boucliers alors que Domitien était un inconditionnel des longs boucliers. Inscriptions et monuments figurés témoignent d'autres combinaisons : essédaires et equites combattaient toujours entre eux. En revanche, il n'y a jamais de rétiaires opposés à d'autres rétiaires. Les mirmillons se battaient le plus souvent contre les thraces ou durant un temps les rétiaires.

Ces duels constituaient les moments forts du munus. Mais, pendant les entractes, des parodies de combat étaient offertes au public : démonstrations d'escrime par des pægniarii, parfois armés de bâtons.

Sous le règne de Néron, en 63, des gladiatrices parurent pour la première fois dans l'arène : « Il donna la même année des spectacles de gladiateurs aussi magnifiques que les précédents; mais beaucoup de femmes de haut rang et de sénateurs se dégradèrent en descendant dans l'arène. » Un passage de Pétrone cite le cas d'une femme essédaire et Juvénal montre des gladiatrices à l'entraînement : « Elles creusent (le palus) à grands coups d'épée, elles l'assaillent avec leur bouclier, attentives à exécuter toute la série des commandements… Vois avec quelle ardeur émue elle assène les coups qu'on lui enseigne. » Les couples de gladiatrices semblent avoir été particulièrement appréciés sous le règne de Domitien. Elles étaient des femmes de caractère. Plusieurs se produisirent pendant les Jeux Décennaux de Septime Sévère où elles combattirent avec ardeur, injuriant au passage l'aristocratie installée dans la loge. Devenues sources de désordre et de troubles, l'empereur dut les proscrire de l'arène par un édit datant de l'an 200.

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